Déclaration de l’Archevêque Gabriel à la cathédrale St Nicolas
par Rédaction site

Déclaration de Mgr Gabriel le jour de la Dormition 2011, dimanche 28 août. A la cathédrale St Nicolas de Nice
Chers pères concélébrants, frères et soeurs bien-aimés en Christ,
Vous savez tous que notre association cultuelle locale niçoise a subi une action judiciaire de la part de l’État russe qui revendique la propriété du terrain sur lequel est bâtie la cathédrale Saint-Nicolas. A ce jour, les autorités judiciaires françaises ont tranché en faveur de la Fédération de Russie. Mais l’association cultuelle locale s’est pourvue en cassation, eu égard aux multiples éléments contestables de ce dossier. Je voudrais souligner que nous acceptons le jugement de l’État français. Mais, parce que nous vivons dans un pays de droit et libre, nous avons décidé de faire ce qui est prévu par la loi : l’appel en cassation. Comme évêque de l’Église orthodoxe, je dois préciser qu’une décision de la Justice civile ne saurait avoir une portée canonique. Dans notre théologie orthodoxe, chaque paroisse relève d’un et d’un seul évêque. Or, jusqu’à ce jour, l’autel de la cathédrale saint Nicolas de Nice est lié à mon ministère épiscopal. Il faut bien le comprendre : aucune décision - fût elle de n’importe quel autre évêque ou même de sa Sainteté le Patriarche Cyrille - ne saurait changer cet état de fait ecclésiologique. Je voudrais souligner que nous acceptons le jugement selon lequel le bâtiment de la cathédrale appartient à la Fédération de Russie. Je n’ai, en revanche, jamais reçu de document officiel pour m’informer de la nomination de père Nicolas Ozoline (fils) en tant que recteur de la cathédrale ! C’est dans les médias modernes que je l’ai lu ! Je le répète, je n’ai reçu aucun document officiel à ce sujet ! C’est comme si je n’existais pas ! C’est par les médias que j’ai appris sa nomination par Sa Sainteté Cyrille de Moscou comme recteur de la cathédrale ! Je proteste contre cette manière de faire ! J’ai seulement été averti par téléphone et par courrier de l’arrivée de ce père, mais en aucun cas de sa nomination. Si le propriétaire veut que le culte orthodoxe perdure à la cathédrale Saint-Nicolas, je ne vois aucune autre possibilité que de respecter la tradition canonique de l’Eglise orthodoxe, qui est claire : aucun prêtre étranger à notre archevêché ne peut faire ingérence dans cette cathédrale sans mon accord, ni occasionnellement, ni a fortiori à titre permanent. C’est pourquoi je suis venu à Nice afin de réunir le Conseil paroissial et de célébrer la sainte liturgie. J’ai des relations fraternelles et amicales avec Mgr. Nestor de Chersonèse et c’est dans cet esprit que nous allons discuter du problème cette semaine. Mais les autorités civiles, qu’elles soient de l’Ambassade ou de quelque association culturelle russe – je souligne « cultuRelle » - ne doivent en aucun cas s’en mêler, car il s’agit d’un problème ecclésial et canonique. Elles ne sont pas compétentes pour participer à la recherche de la solution ! Mon intention n’est pas d’entrer en guerre pour des bâtiments, mais je suis responsable des pierres vivantes de cette église, c’est-à-dire des paroissiens, des fidèles - vous, vos enfants et vos petits-enfants. J’ai reçu cette maison spirituelle de la part de Dieu le jour de ma nomination, et j’en suis responsable jusqu’à la fin de ma vie ! Je n’ai aucune difficulté avec les autorités de l’Église de Russie. Mais lorsque vous, fidèles, publiez des informations fantaisistes voire totalement fausses sur n’importe quel blog, sachez que le diable rit dans son cœur : il n’a même plus besoin de lutter contre nous les hommes, car c’est nous-mêmes qui détruisons l’Église ! Pardonnez mes sentiments, mais il est temps de mettre un terme à cette situation ! C’est la raison pour laquelle j’ai fait appel à sa Toute-Sainteté le Patriarche oecuménique, sous l’omophore duquel nous sommes placés, afin qu’il me consigne ses instructions. Car en vérité, ce problème n’est pas simplement une difficulté entre deux diocèses. Cette question est si vaste et si importante pour la période actuelle comme pour l’avenir, que nous devons nous en remettre à nos patriarches et leur obéir. Pour le reste, d’un point de vue canonique - et non personnel - j’ai demandé au père Nicolas Ozoline de ne pas participer aux célébrations, et ce jusqu’à l’obtention d’une réponse de la part de nos patriarches. Frères et soeurs, si difficile que ce soit, consacrons plutôt une partie de notre temps et de notre énergie à la vie spirituelle, à la prière, à la vie ascétique. C’est cela qui est le plus important dans la vie de l’Église et dans celle de chacun. Je suis devenu orthodoxe car j’ai fait connaissance de l’Orthodoxie par le biais de l’émigration russe. C’est elle qui m’a instruit, qui m’a pris et qui m’a accepté, et c’est grâce aux prières de ses membres, et un peu à mon travail, malgré mon indignité, que j’ai été appelé à l’épiscopat. Je voudrais terminer ce discours de la même manière que le jour de mon intronisation. En effet, malgré tout ce qu’on peut dire ou faire contre moi, je vous aime de tout mon cœur ! Et cela parce que je suis un enfant de la grande Tradition orthodoxe russe !